• Le pêcheur

     

    Le pêcheur

     

    L'exercice préféré de Gil, dans ses scènes africaines en particulier, c'est de nous donner à voir l'interaction subtile de l'Homme et de son environnement, par un jeu de moirés et d'ondes qui se rapproche in extremis de la fusion.

    Dans ce tableau, les scènes de femmes rondes et chaleureuses, cuisinant dans les moires des cases ou portant leur fardeau entre les ondes des baobabs, laissent place à un homme svelte, à une silhouette épurée, à une grâce masculine naturelle, tout en équilibre, digne d'un danseur-étoile noir (malheureusement, il n'en existe pas encore).

    On croit apercevoir le premier homme apparu des Eaux de la Genèse.

    Ou bien, serait-ce un disciple de Jésus abandonnant son métier de pécheur pour suivre une ascèse nouvelle ?

    Surtout, comment ne pas penser aux silhouettes de Giacometti ?

    Car ici, ce n'est plus le personnage féminin qui se fond dans son environnement, mais au contraire l'espace environnant qui pénètre dans le personnage masculin.

    Le contre-jour de "la mer mêlée avec le soleil" (comme l'écrit Rimbaud dans

    "Eternité") s'empare totalement du corps et de l'âme du personnage.

    Comme une statue de Giacometti, ce tableau nous plonge dans un doute existentiel sans fond : Qu'est-ce qu'un Homme dans l'immensité de l'Univers ?

     

     

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